Magie de la technologie: l'expérience "tweeting cat door", un exemple édifiant

Publié le par stilgar

Une anecdote "sympathique" nous est contée via rfidfr.org , portail d'informations et de promotion de la technologie de l'identification par fréquence radio, aussi appelée RFID:

Ioan Ghip, informaticien, cherchait un moyen de s'assurer que les chats dont il est l'heureux propriétaire franchissaient la chatière dont sa porte de garage est dotée: en effet, d'importuns chats de goutière s'arrogeaient, les malotrus, le droit d'aller dévorer les croquettes mises à disposition pour les félins de la maison.
Fermement décidé à trouver une solution, et à mon avis fan de bricolage (son installation me rappelle les pages "inventions" de mon sciences et vie junior mensuel qui me remplissaient de tellement d'admiration-et de jalousie- pour les adolescents de mon âge capables de mettre au point un réacteur nucléaire avec un peu de scotch et un bic machouillé), Ioan décida donc d'utiliser la technologie suscité.

Ainsi ses chats sont-ils porteurs d'une puce RFID, qui commande, de la même manière que notre passe Navigo avec les portes du métro, l'ouverture de la chatière qui reste obstinément fermé à toute autre tentative. Détail amusant, notre homme a aussi muni son installation d'un appareil photo, qui fonctionne à chaque passage et envoie automatiquement le cliché sur son compte twitter.

Voici une photo du montage, tout droit issue du site perso de m. Ghip:


 

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, les chats sont tout doux et notre informaticien peut dormir tranquille, en plus d'avoir acquis une certaine célébrité pour son petit bricolage. Il a tout à fait raison d'ailleurs.

J'aimerais maintenant faire une petite remarque:
comme le souligne l'article de RFIDFR, tout ce qu'a fait monsieur Ghip est de mélanger diverses technologies archi-connues et éprouvées: une puce RFID, un vieil ordinateur portable, un appareil photo numérique et twitter.

Une telle installation n'a donc pas dû lui coûter beaucoup plus cher qu'une sac d'un kilo de croquettes. Pour quel résultat?Parlons un peu en des termes plus généraux: les utilisateurs de ce système (les chats et la chatière), moyennant un investissement quasi-nul, sont:

1. Identifiés
2. Acceptés (ouverture)
3. Pris en photo
4. Mis dans une base de données (photos sur twitter)


Ces quatre étapes sont la procédure rêvée de toute entreprise ou administration qui cherche à sécuriser l'espace dont il a la responsabilité. Tiré par les cheveux? Pas du tout. Un peu plus tôt dans ce blog, j'ai évoqué l'utilisation nouvelle de puces RFID par la compagnie Air France pour l'identification de ses passagers...le parallèle est transparent.

Chacun sait qu'aujourd'hui chacun de nos passages par les portes d'un bâtiment public ou privé est contrôlé, et que notre identité biométrique est demandée pour le moindre de nos déplacement hors UE. Mais l'histoire de ces ravissants félidés a cela d'original qu'elle réunit deux vices contemporains qui ne cessent de prendre de l'ampleur: le besoin de contrôle permanent (puce RFID)et   l'envie de tout montrer (twitter).
Ces deux tendances, qui touchent particulièrement les milieux "techno" mais que nous retrouvons chez chacun d'entre nous, ont donc conduit à créer un mini système de contrôle, a très bas coût, d'une efficacité absolue.

Ce qui différencie fondametalement l'homme de la machine est sa faillibilité, comme l'a dit avec beaucoup plus de talent et de profondeur Jean Baudrillard: si une technologie, en plus d'être infaillible dans son principe de fonctionnement, est suffisamment simple et rustique pour être mise en oeuvre par m. tout-le-monde, alors elle est vraiment parfaite, absolument infaillible.
Une pièce hilarante que j'ai récemment pu aller voir évoque d'ailleurs très intelligemment ce sujet, et je vous la recommande avec une chaleur toute humaine celle-là: Archibald et les Zootomates contre monsieur Mougeot et les Zoonarchistes. C'est à Paris, dans le Marais, et ça n'attend que vos éclats de rire et votre sens critique.

A très bientôt!



Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article