Rapport de Privacy International: la France à l'avant -dernier rang!

Publié le par stilgar

Il est temps de vous parler d'une ONG qui devrait bénéficier d'une plus grande couverture médiatique pour le travail qu'elle réalise, à la fois orignal et absolument impérieux, sur l'état de chaque pays quant à la sécurité et la protection des données privées. A la manière de Transparency International et de son indice de corruption, Privacy International  établit, à partir de divers critères (biométrie, videosurveillance, protection constitutionnelle...) une carte établissant un classement selon divers échelon. Voici la précieuse synthèse de tout ce travail (cliquez pour une version plus lisible):

La jolie couleur mauve qui remplit notre hexagone est malheureusement l'équivalent du bonnet d'âne.

Sur chaque pays étudié, une synthèse, disponible sur le site, est faite.

 Celle de la France contient 11 chapitres:


-Position consitutionnelle quant à la protection de la vie privée ("Constitutional Privacy Framework")
-Cadre juridique de la protection des données privées ("Data Protection Framework")
-Autorité de protection des données privées ("Data Protection Authority0")
-Statut actuelle de la protection des données privées ("Statutory Rules Related to Privacy")
-Caméras de surveillance et cadre juridique ("Wiretaps and Surveillance Rules")
-Système d'identification national ("National Identity Card Systems")
-Confidentialité des données médicales ("Medical Privacy")
-Travail des ONG ("NGOs’ Advocacy Work")
-Liberté d'information ("Freedom of Information")
-Confidentialité du vote ("Voting Privacy")
-Obligations internationales ("International Obligations")

Les deux griefs les plus importants visent les caméras de videosurveillance et le manque de contrôle qui leur est associé, mais aussi la conservation abusie des données privées par la justice française.
C'est sur ce dernier point que j'aimerais rapidement revenir, avec des faits qui se passent de commentaires:

La loi de sécurité intérieure de 2003, en étendant la conservation des données par le  Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) aux personnes simplement suspectées, et non condamnées,  a fait allègrement passer notre pays de l'autre côté de la ligne. Comme le mentionne le rapport, la CNIL a bien obtenu quelques améliorations, dont la plus notable aura été de réduire la durée de conservation de ces données de 40 à 25 ans ... quel soulagement pour tous ceux qui, mis en cause dans une affaire judiciaire plus blanchi, continueront à être fichés génétiquement pendant un quart de siècle! Notons que depuis 2006, même les participants à des manifestations (comme celles ayant eu lieu contre le CPE) ont été mis dans ce fichier.

Là encore, les raisons invoquées pour un tel manquement aux droits les plus élémentaires sont celles de l'efficacité. La force publique, celle qui agit par et pour les citoyens, se fait donc le porteur le plus avant-gardiste de cette "robocratie" basée sur le consentement. Bonne journée quand même ?





Publié dans Amis

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article